dimanche 19 décembre 2010

NOEL A CARTAGENE DE LAS INDIAS, du 19 au 25 décembre 2010.

“Si Caracas me dio vida, vosotros me disteis gloria” (Si Caracas m’a donné la vie, vous m’avez donné la gloire)

Citation de Simon Bolivar à propos de Cartagena.

DSCF5237 Lever de soleil sur Santa Marta

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Dimanche 19 décembre, traversée de l’embouchure de la Magdalena

Au petit jour, le 19 décembre, nous quittons la marina. Après la folie de la nuit, le calme est insondable… Malgré nos yeux en papillotes, il va falloir assurer: aujourd’hui nous passons l’embouchure de la Magdalena. Si le Cabo de la Vela est redouté pour ses tempêtes furieuses, mais franches, la Magdalena est nettement plus vicieuse. C’est le plus grand fleuve de Colombie qui se jette dans le golfe, au large de Baranquilla, avec tout ce qu’il peut transporter de plus dangereux pour un navire, comme des troncs d’arbres entre deux eaux par exemple. Et entre deux eaux boueuses, marronnasses, et bouillonnantes. Impossible de le rater, ce fleuve de boue dans la mer bleue, la seule parade est de passer le plus au large possible mais sans non plus rallonger le parcours de plusieurs heures. On se prépare doucement: petit déjeuner sur le pont, petit vent agréable, petite sieste matinale. Vers midi, une bonne salade et en avant… Au loin, nous commençons à entrevoir les remous brunâtres, et les vagues. Un effet surprenant, comme une autoroute surchargée de camions à pleine vitesse et qu’il faudrait négocier en évitant les collisions….

DSCF5162 On s’approche, on y va….…

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Bon, on y est. Ce n’est pas une autoroute, plutôt un blender!

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Mojito suit bravement…

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Disparait brusquement…

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Et réapparait au creux des vagues…

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Le sommet de l’iceberg tropical: en dessous, des troncs sournois se  glissent, incognito.

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Enfin, on voit le bord de la Magdalena!

Luké a tenu la barre fermement, la Belle a cavalé le plus vite possible mais pas trop: vitesse réduite pour éviter les massifs de branchages flottants, les objets non identifiés etc. Mais pas trop réduite, la vitesse, car les vagues sont fortes et pas question de les prendre en travers! Bref, quelques montagnes russes plus loin…

DSCF5212Joli non?

Et nous ancrons à Punta Hermosa, peut-être pas aussi beau que son nom veut bien l’affirmer mais surtout très calme. Un petit lac difficile d’accès, qui plus est de nuit. L’arrivée à 19h dans un lieu sans lumière, avec des cartes électroniques fantaisistes (et oui… il y a parfois plus de 300m d’écart entre l’indication de la carte de MacSea et la réalité: 300m, ça peut faire mal si on est sur les rochers!) achève le Capitaine! Nous passons toujours en premier pour les ancrages tordus: vu notre faible tirant d’eau c’est moins risqué que pour Mojito. Mais la concentration est dure. Pas besoin de berceuse ce soir, d’ailleurs pour les berceuses, on a donné!

Lundi 20 décembre, et mardi, mercredi… : Cartagena de las Indias!

Départ aux aurores pour ne pas arriver de nuit à Cartagena! Et journée nettement moins agitée que la veille: de 6h à 16h, les moteurs tournent, il y a 12 nœuds de vent, Le Capitaine songe à nouveau sérieusement à acheter une péniche…

DSCF5157D’ailleurs, la moussette, épuisée par ce réveil matinal, a pris ses quartiers de repos dans les cordages, impossible de hisser la grand voile!

La première vision de Cartagena est plus que surprenante!

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On s’est trompés! On a filé sur Manhattan!!!!!

Ce magnifique quartier, El Laguito, flambant neuf est le “quartier rupin moderne”. Le coin “Hype” de Cartagena! L’influence Américaine sans doute. Il a poussé sur la langue de terre qui enserre la baie. Mais il faut avoir envie d’y habiter…Ou d’y vacancer car c’est le lieu des hôtels de luxe, des centres commerciaux détaxés et des boîtes de nuit huppées…

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Le comité d’accueil est à poste.

Nous entrons dans El Laguito, la baie qui a donné son nom au quartier, par la passe très particulière qui jadis la fermait totalement de ce côté: un mur construit sous l’eau, arrêtant tous les navires ennemis! La prospérité de Cartagena, construite quelques années après Santa Marta, grâce en particulier à son triste privilège, reçu du Roi d’Espagne, d’être “Comptoir d’esclavage” pour l’Amérique du Sud, faisait des envieux. Et les pirates (Français et Anglais…) attaquaient et pillaient à tour de bras. Contrariant. Le Roi fit construire des fortifications impressionnantes enserrant la ville, et ce mur sous-marin, fermant la baie et ne laissant qu’une seule issue bien plus difficile d’accès en contournant une ile plus au sud. Depuis que les seules invasions sont touristiques, une brèche a été creusée au milieu de la passe. Mais il ne faut pas la rater! Le mouillage se situe au fond de la baie, devant une ile (mais il faut le savoir!) appelée Manga, le quartier chic et bourgeois . Le port de commerce, derrière nous, grouille d’activité sous l’œil désolé d’une Vierge à l’enfant qui devait jadis regarder passer – avec le même air désolé?- galions et esclaves…

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Paysage sur notre droite….

DSCF5283Point de vue à gauche, la marina est au pied des immeubles, et nous à l’ancre, juste devant.

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Derrière nous, le port de commerce et devant, la base navale de l’armée!

Voilà, on est bien entourés!

Seulement, la question se pose: MAIS OU EST CARTAGENA DE INDIAS ?????? Ville classée Patrimoine de l’Humanité? En béton, l’humanité, pour le moment! Ils les cachées où les belles maisons coloniales et les ruelles pavées? Pas dans notre quartier visiblement. Nous avons ancré devant ce qui s’appelle pompeusement “Club Nautico”.

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En fait, un ponton branlant en T, un mini bout de quai défoncé avec rien pour accrocher les annexes, et une sorte de ruine, genre construction à l’abandon devant, des poteaux en fer, un toit de bâches en plastique, quelques chaises et deux tables de cantine… Et une télé dans une tour en bois avec les fils qui s’envolent directement vers le poteau électrique!  Mouais….Essayons le “Club de Pesca”, un peu plus loin.

 DSCN3520Déjà, le comité d’accueil, c’est autre chose! Ils ont UN pélican par pieu, eux! C’est dire le prestige des lieux…. Propret, organisé, tout ce qu’il faut pour attacher les annexes, bien gardé. Mais réservé aux clients de la Marina. Pas de place de libre. Nous repartons l’oreille basse, au Club Nautico. Qui se révèle un endroit encore plus délabré que ce que nous supputions. L’ancien bâtiment de la marina a été, je suppose, détruit pour cause d’incompatibilité d’humeur avec un quelconque politique de la ville, et tout est en attente de l’autorisation de reconstruire quelque chose qui ressemble à un lieu d’accueil. Sans s’énerver visiblement, le provisoire a comme un petit air de définitif assez flagrant. Bref, il n’y a rien sauf un bureau dans un bungalow et… une connexion Internet! Youpee, c’est très bien finalement, ici! En attendant, le dirigeant est fort sympathique, la palissade qui sépare d’avec la rue est trouée d’une porte en contreplaqué vermoulu, loquet en ficelle, mais il n’y a pas moins de deux ou trois “gardes” –la compagnie du 3è âge, édentée mais souriante- assis sur des chaises qui taillent la bavette toute la journée, et la nuit, et ouvrent la porte à chaque passage. Le gérant ne garantit pas la surveillance des annexes…mieux vaut bien cadenasser, comme on peut, autour d’un des pylônes qui s’enfoncent dans l’eau par exemple, notre belle Goaz toute neuve! La sortie se fait par les anciennes douches dont il ne reste que le sol: le trottoir de la rue est pavé de carrelages rose bonbon. Je pense que le propriétaire de la marina avait copieusement empiété sur les trottoirs de la ville pour agrandir sa petite entreprise et que ça s’est vu!

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Première soirée à Cartagena! Restaurant! D’accord mais euh…où? Le temps qu’on s’interroge devant la porte… trois policiers harnachés façon cosmonautes de l’impossible, avec gilet pare-balles et fusils d’assaut, nous interpellent joyeusement pour nous indiquer où se trouve un restaurant, même qu’ils vont nous y conduire! Si c’est pas de la police de proximité, ça! Comme parmi les trois, il y a une charmante soldate, Luké fait la causette…Premier repas Cartaginois: Kebabs! Délicieux en plus. Mais je ne suis pas sûre que ce soit vraiment local, ça. Par contre, c’est apprécié car rempli de Cartaginois en sortie.

On a trouvé Cartagena!

DSCF5515C’est là-bas, de l’autre côté du pont, derrière les fortifications, bien sûr!

Dès le lendemain –et chaque fois qu’on pourra- nous allons écumer la vieille ville de Cartagena. A chaque fois, le même émerveillement et de nouvelles découvertes :des balcons, des rues, des pignons décoratifs. Vingt minutes de marche, un grand pont et nous y voilà…

Première rue, il faut prendre l”habitude tout de suite de vivre dangereusement : le nez en l’air! En poussant des “Ahhhh! Regarde cette façade!” et des “Ohhhh! la couleeeeeeeuuur!!!”…Et nous ne sommes pas encore dans le “Centro”, le centre historique classé mais dans le quartier de Getsemani.

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Côté avenues bourgeoises….

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    Et côté ruelles populaires.

Le départ traditionnel pour la visite du centre historique, c’est la fameuse Puerta del Reloj, la Porte de l’Horloge, qui relie le quartier de Getsemani (autrefois séparé de la ville fortifiée par un pont) et le Centro. Nous sommes dans les fortifications de Cartagena. Une vaste place s’ouvre, après le passage sous l’arcade de la Puerta del Reloj, au passé peu reluisant: sur la Plaza del Coches se tenait le rituel marché aux esclaves destinés aux nouvelles colonies de l’époque, Pérou, Equateur et Venezuela.

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Plaza del Coches, statue de Pedro de Heredia, fondateur de la ville.

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Je préfère nettement aller flairer du côté du “Portal de los Dulces”, en fait une sorte de petit marché croquignolet de bonbons artisanaux en tous genres, qui se tient sous les arcades.

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Dans chaque bocal, des sucreries. Sachant que le sucre est aussi indispensable à la vie des Colombiens que l’air qu’ils respirent, le marché est florissant, les bocaux harmonieusement disposés, et remplis de bonbons cocos, goyave, biscuits à la cannelle, au gingembre et à tout ce qui est possible avec du sucre. J’achète un petit Jésus potelé en “sucre à coco” qui fond sur la langue mais … “légèrement” écœurant. A déguster sur plusieurs jours!

DSCN3559Pour les gourmands, le bâtiment au-dessus du Portal del Dulces est à louer!

Et à partir de la Plaza del Coches, dès les premières rues du Centro Historico, nous ne marchons plus les yeux en l’air mais carrément en lévitation, à l’horizontale. La voilà, la Cartagena de las Indias tant imaginée. Le fantasme n’était pas à la hauteur de la réalité. Chaque façade, chaque balcon, chaque porte est une œuvre d’art et un témoignage de la vie opulente et festive de la ville jadis. Riche, oui, mais avec joie! Explosion de couleurs, de décorations, d’encorbellements, de balcons sculptés… Et parfois, au détour d’une porte ouverte, vue sur un jardin ou une cour intérieure qui nous dit que le meilleur est caché, là, derrière ces murs. Rappelant le principe d’architecture Arabe –rien ne se voit, tout se devine: les plus beaux Ryads se trouvent derrière des murs austères et des portes imposantes- que les Espagnols avaient du adopter. Une petite porte peut cacher un magnifique patio. Mais contrairement aux Arabes, les Espagnols aiment la vie de la rue et les balcons s’agrippent sur chaque façade, surplombant l’agitation permanente des ces ruelles à présent commerçantes. Allons-y!

DSCN3599Entrez dans le Centro Historico!

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Historico et très touristico….mais si bô!

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On continue?

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Rue des Sept Enfants, nous croisons la boutique Benetton, Dolce et son inséparable Gabbana et j’en passe, ça gâche un peu le film de cape et d’épée…

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Maison jaune centre

La nuit tombe. Les ruelles éclairées par des lampes de fiacres retrouvent calme et tranquillité. Quelques touristes –nous!- persistent  encore à arpenter le pavé, le nez en l’air. Les façades ont pris de belles couleurs chaudes mais notre estomac tiraille. Cap sur le restaurant Argentin que Charly a repéré la veille. Après un apéro sur une jolie Plaza –véritable arnaque à touristes, pléonasme je sais, mais la bière à 5500 Pesos, presque 2 euros, on l’a encore en travers de la gorge!- nous nous attablons pour une grillade de derrière les fagots, arrosée d’un petit rouge Argentin pas mauvais. Et Luké en profite pour m’offrir le bracelet “Semainier” (j’adore les bracelets de ce genre) qu’il a âprement marchandé alors que je musardais le nez au vent….

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En s’éloignant un peu du Centro “boutiques à touristes”, le quartier est peut-être moins rénové mais nettement plus authentique. Habité par d’autres que les enfants d’Yves Saint Laurent (je sais, ça ce n’est pas politiquement correct mais je n’ai pas pu résister).

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Et là, pas de boutique Dior mais une boulangerie, j’ai encore l’odeur suave des petits “pans dulce” -petits pains doux sucré, tout chauds sortis du four- au coin de la narine… un délice quoi!

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Au détour d’une rue en piteux état, je m’arrête intriguée devant cette affiche. 

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Tragédie en vue! DANGER!

Une mise en garde contre un ennemi tapi dans ce mur en ruine: ce sont les pierres branlantes de cette ruine qui se tient tant bien que mal dans un angle de rue. Pierres que l’on peut recevoir sans sommation sur la tête si on passe au mauvais moment.

DSCN3603En effet, ça craint…  

 

Cartagena de los edificios

Après les rues, un coup d’œil aux édifices officiels, imposants, colorés souvent, publics ou privés:

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L’Eglise Santo Domingo, la plus ancienne de la ville.

DSCN3628La Cathédrale son dôme de style Florentin!

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Vu de biais, par en dessous et sur le côté, tordu quoi.

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Et le Théâtre, qui a sérieusement besoin d’un repomponnage….

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L’Edifice Yabrudy; appartement à vendre!

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Devant l’église Santo Domingo, une magnifique et opulente beauté sculptée par le célèbre artiste Colombien, Fernando Botero.

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Le Fort San Felipe, qui domine la ville.

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Le Fort vu des remparts

 

            DSCN3669                                                                Et nous!                                              DSCN3668

 

Cartagena de los Calles

Je ne dirais pas que j’ai gardé le meilleur pour la fin, il n’y a pas de mieux ou moins bien dans cette ville extraordinaire, mais disons, le plus sympa! La rue, les chalands, les petits métiers,  les “nouveaux métiers”, les découvertes gastronomiques de même que les mystères culinaires! Nous avons férocement arpenté les rues, ruelles, venelles, souks colombiens, marchés en tous genres.

Une explosion de couleurs, de bruits, de cris divers (ici, on ne se parle pas, on s’interpelle d’un coin de la place à un autre), d’odeurs de pâtisseries et de friture. Une concentration extrême de personnes dans des lieux relativement étroits: les trottoirs. Utilisés principalement pour le commerce ambulant, il ne faut y compter pour se déplacer rapidement. C’est fou le nombre de voiturettes à friture qui peuvent tenir sur quelques mètres carrés. A croire que toute la ville ne se nourrit que sur les trottoirs. Et boit de même, debout en vitesse. Commençons par notre préféré…

Manger..manger….boire… gastronomie de “los calles”

DSCF5487Le grand verre de jus d’orage pressé à la demande. THE mejor des boissons (oulah, d’enthousiasme le jus me monte à  la tête)

Et à 2000 pesos le verre (60 centimes d’euro), on s’en est gavé… Une honte. La gastronomie de la rue est en majorité à base de friture. Et de fritures “toutenpate” , que ce soit des beignets farcis, ou des galettes plus ou moins farcies elles aussi. On s’en serait douté! Mais de nombreux vendeurs proposent des fruits frais découpés, et les boulangeries débordent de gâteaux, brioches, pains plus ou moins sucrés. A des prix plus que compétitifs pour les Européens que nous sommes, il est facile de se laisser aller à tout goûter. Et bien, c’est ce qu’on a fait! Et sans retenue aucune…

Passons donc aux choses sérieuses. Une boulangerie nous tend les bras, belle vitrine, gâteaux multicolores, bonne odeur, Luké salive.

DSCN3535Il paraitrait que “La Mejor” c’est elle!

On s’installe! Au menu, le choix se porte sur du poulet frit (ben oui, dans les boulangeries aussi!) accompagné d’un paquet mystère et pour moi d’un Pan Dulce géant. Le poulet est servi avec un gant en plastique pour que le consommateur puisse déguster sa patte enrobée de gras sans se salir les doigts! Et le paquet mystère….

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DSCN3541  Une pâte de maïs cuite à la vapeur

Intéressant mais pas très gouteux, je dois le reconnaitre! Le poulet par contre ne fait pas un pli. Il est frit dans une chapelure de maïs, bien croustillant et bien gras, Luké s’en pourlèche le gant en plastique!

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Au premier plan, le grill pour les Arepas de Queso, spécialité locale: des galettes de maïs au fromage pays, le Queso Blanco: un fromage à pâte semi-molle, avec des trous-trous, sans trop de goût et plutôt salé. Cuit, c’est très bon, et on en met un peu partout. Cru, j’aime mais je suis la seule! (Avec Jeanne…). Les Arepas de Queso, ça tient au corps. Plus loin, pour se rafraichir avec plus de légèreté, des morceaux de fruits, pastèques et mangues chez El Pacheco, servies dans de grands verres en plastique.

DSCN3584El Titany découpe ses fruits, ganté de plastique lui aussi….

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On ne résiste pas aux jus d’orange…

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Pour rassurer les “gringos”, Coca est là, mais il font aussi des jus de fruits!

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Ce monsieur fait des chips de bananes et de “patatas”, vendus en petits cornets.

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Irrésistible aussi: vous voyez ces long beignets?

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Ils sont fait avec une sorte de pâte à pain à base de farine de maïs, on glisse des morceaux de queso blanco, on roule, on frit…Un délice du diable.

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Et ce sont des “Deditos de Queso” : A manger tel quel ou avec sauce piquante.

Un matin, on n’a pas pu se retenir, et on en a mangé trois chacun de ces énormes  “Doigts de fromage”… Pas étonnant qu’au bout de quelques jours, on se sente un peu lourds.

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Arepa de Huevo

Et pour finir en beauté: LA spécialité de Cartagena, la Arepa de Huevo, un chausson de pâte de maïs (surprenant non?) farci d’un œuf cru et jeté dans une bassine de friture (encore plus étonnant!). A côté des bols avec diverses sauces, piquantes, au fromage, à l’ail… dont on peut arroser de cuillerées abondantes et à volonté son arepa . Histoire d’achever le consommateur! Mais Luké a une capacité de résistance à ce type d’agression... Inouï!

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La petite dame nous explique avec plaisir tout ce qu’elle prépare, comment, etc.

DSCN3595   Sa pâte est dans la bassine, et elle façonne et frit à la demande.

 

Les marchés de Cartagena

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Il n’y a bien sûr, pas un mais DES marchés. Toutes tailles, toutes formes, toutes ventes! On vend de tout, partout, n’importe où… Du marché installé sur une place, avec tables, cabanes, allées, à arpenter en tout sens, et qui propose aussi bien des citrons que des baskets, au marché spécialisé le long de certaines rues, comme le marché aux poissons, en passant par les “charrettes sauvages”, vendeurs de fruits et légumes posés n’importe où.

DSCN3542Marché de coin de rue

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L’occasion de faire ses emplettes.

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Charrette de milieu de rue (piétonne!)

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Marché de bord de trottoir, rue non piétonne…

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Marché aux poissons

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L’étonnant “Marché des montres”, réparations et ventes d’occasion!

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Qui est aussi le marché pour réparer les bijoux

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Dans chaque cabane, un pro.

Et un pro avec des doigts d’or: on les a longuement regardé opérer à cœur ouvert des téléphones portables, des calculettes, des montres et j’en passe, avec un tournevis et une pince. Au feeling, ils y vont. Je ne sais pas si ça marche à tous les coups, mais c’est impressionnant!

Il y a quand même des commerces –et même beaucoup de commerces- le long des rues! Qui vendent eux aussi de tout, de tout, de tout… Des quincailleries aguicheuses qui font de l’œil à Luké en particulier et où il va dénicher des trucs pas possibles. Quoi, il n’y a que lui qui le sait, mais plein de petites choses indispensables et oubliées de nos commerces “modernes”….

DSCN3701 Ah!!! une “Ferreteria”…

Et puis il y a le “Centro Commercial Getsemani”: un dédale de galeries intérieures, chacune avec aussi sa spécialité. La galeries des vendeurs de parapluie, la galerie des vendeurs de bijoux fantaisies etc.

DSCN3550La galerie des opticiens: un comptoir de 3 mètres carrés chacun, une vitrine et ils font toutes les lunettes qu’on veut!

Dans notre série “Les petits métiers qui se portent bien”, il ne faut pas oublier les vendeurs de tickets de tombola. Au moins un à chaque coin de rue. Bien équipés.  Il y a eu visiblement une rénovation et une adaptation à l’époque, en ce qui concerne ce boulot:

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Et oui! Ils sont tous munis du terminal pour Cartes Bancaires! 

Visiblement, la Loterie est une manne céleste en Colombie! Mais il y a plus surprenant. Dans notre série '” Les petits métiers qui montent”, ou comment s’adapter à un monde moderne quand on n’a pas toujours les moyens, il y a les fameuses “Cabines téléphoniques ambulantes”, les “Llamadas”. Alors là, c’est le pompon. A Cartagena, la population doit passer à peu près un bon tiers de la journée à téléphoner. Debout dans la rue, ou si le vendeur de “Minutos” a prévu, assis sur une chaise en plastique. Marketing…. Si on ne croise pas les gens marchant dans la rue, leur portable collé à l’oreille, on les voit autour des centaines de “Llamadas”, qui parfois se succèdent le long d’un trottoir. Llamada, c’est un appel. Une ou deux chaises et un nombre de téléphones variable, selon l’investissement de départ du petit entrepreneur –entrepreneuse, c’est un métier exclusivement féminin- tous reliés avec une ficelle à la tablette, et un panneau annonçant le prix. Selon les quartiers, ça va de 99 centimes à 200 pesos l’appel.

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Tel rue2DSCF5486

La voisine de notre marchand de jus n’est pas sûre de ses prix…

 

Quartier Getsemani

Le dernier jour, nous décidons de varier un peu et de se promener dans un quartier de la ville populaire et agité! En pleine ville, le long du fleuve, un homme pêche à l’épervier de petits poissons, il en ramène un ou deux à chaque lancer. Dommage que mon appareil ne soit pas plus perfectionné, son geste était d’une beauté et d’une élégance, une vraie danse!

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A l’entrée du quartier, nous sommes accueillis par une Indienne, sûrement une des malheureuses qui ont eu la bonne idée d’offrir des cadeaux aux envahisseurs Espagnols…

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Ce n’est pas Pocahontas, mais ça pourrait!

 

La grande avenue de Getsemani nous ramène vers le Centro. Un flot de voitures et de bus passe au galop. Après les rues souvent piétonnes du quartier historique, on n’a plus l’habitude.

DSCN3694Photo artistique visant à rendre l’impression de vitesse des véhicules, bon, je fais ce que je peux avec mon p’tit appareil!

Donc, nous obliquons rapidement vers de petites rues moins animées question voitures et nous ne sommes pas déçus. Le temps semble s’être arrêté dans le quartier des garagistes. Les ateliers se succèdent, réparations mécaniques, tôle, pneus… Même les véhicules anciens ont des pneus qui crèvent, alors…

 DSCF5480Véhicule de livraison “Une Mule”, modèle euh… ancien.

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Modèle “Un Ane”, c’est l’heure du picotin, préparé par le patron. Je ne peux pas m’empêcher de lui gratouiller ses douces oreilles.

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Ce n’est plus la Cartagena touristique, mais les habitants ne se laissent pas aller, ils décorent, animent avec ce qu’ils ont…

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Crèche sur l”herbe, au pied des remparts, sapin de Noël décoré de vieux CD, et arbre “animé” aux couleurs du pays!

 

Jamas sin mi cargador! Jamais sans mon chargeur!

Un épisode haletant des Aventures de Lukas El Francès!

Il est hélas temps de partir… Mais nous ne pouvons pas quitter Cartagena sans avoir récupéré le fameux chargeur 220V et le reste, laissés entre les mains d’Enrique à Santa Marta. Jonnhy doit nous les apporter à la marina dès qu’il arrive. Le 22, pas de nouvelles. Le 23, Luké l’appelle. Pas de problème, il vient à 15h. Personne. Luké rappelle (d’un des nombreux Llamadas du quartier, c’est bien pratique en fin de compte ces vendeurs de “minutos”!): RV à 17h. Pas de Johnny. La moutarde commence à lui monter à la moustache, au Luké. Le 24, nouveau RV à 17h. toujours personne. En plus, pour l’achever, nous avons été le matin… à Carrefour! Et bien, les Carrefours à l’étranger, en tout cas en Colombie, c’est pire qu’en France. Nous ne sommes plus habitués à ces immenses centres commerciaux glacés – le froid polaire est de bon ton dans les lieux chics- et bruyants, nous sommes assourdis par la musique et les appels incessants pour les promotions mirobolantes de Noël. Un tourbillon de boutiques hors de prix, et un supermarché de même, d’ailleurs. Trois p’tits tours et puis 's’en vont, on rentre ventre à terre et on s’offre même un “Pousse-pousse”! Plus vite on s’en va, mieux c’est. Et vu les nids d’autruches qui parsèment les rues du quartier, la trajet est impressionnant! Le 25, Luké appellera 4 fois Johnny qui ne répond plus, et Enrique qui ne répond jamais. Alors, là, ce n’est plus de la moutarde, c’est du piment Bonda Man Jak, le pire des Antilles, qui lui emplit les narines et il souffle des naseaux, furieux. C’est qu’il ne faut pas chatouiller le Taureau (mâtiné de Tigre Chinois) trop longtemps. La décision est vite prise. Demain c’est la Saint Enrique: Luké prend le bus et part chercher son chargeur à Santa Marta. Car à n’en pas douter, tout est encore là-bas. Il n’a pas eu le temps de réparer, ou pas trouvé les pièces ou pas pu. Johnny la joue anguille et disparait. Et tout le monde s’attend à ce qu’on laisse tomber et qu’on parte. C’est mal connaitre l’Aveyronnais si  bien surnommé “Blaireau” dans son enfance. Si pour certains, leur devise est “Je flotte mais ne coule jamais”, pour Luké ce serait plutôt “Je mords et ne lâche jamais”. Enrique a du soucis à se faire. Entre la déception concernant le jeune Johnny, que nous avons gâté et en qui nous avons eu confiance, et la colère de cette tentative d’entourloupage avérée et éhontée, ça va fumer. Il va y a voir de la chair fraiche collée au mur, comme on disait quand j’étais petite… Sur Internet, je trouve à peu près la gare des bus, et des horaires: il y a un départ vers 6h le matin. Et un retour dans l’après-midi. A 4h du matin, le Taureau est sur l’ordinateur. Il a écrit en Espagnol toute l’histoire pour ne pas s’emmêler les pinceaux dans une langue étrangère dont nous n’avons pas encore vraiment saisi toutes les nuances (loin de là!). Donc, il explique en détails: Jonnhy et Enrique qui travaillent dans la marina et se présentent comme cautionnés par elle, les réparations, ce qui est déjà payé et ce qui reste, et les appareils à récupérer. Muni de son petit ordinateur et de ses dossiers, il file à 5h. Furieux mais toujours très organisé! Sauf en ce qui concerne le bus, nous avons tout bonnement oublié qu’un bus longue distance (3h de route) est considéré ici comme un lieu “très chic” et que la température se doit d’y stagner entre moins 5° et moins 15°, selon le chauffeur. Donc, il arrive congelé à Santa Marta, ce qui n’améliore pas son humeur. Parfait. Vers 14h, je reçois un court mail: il a tout récupéré et sera là vers 19h. En fait, il va pouvoir attraper un bus plus tôt et arrive vers 17h. Epuisé mais … avec tous les appareils et l’argent restitué. Comment? Au cours d’un “Règlement de compte à OK Coral” épique. Dès l’arrivée, Luké file chez Enrique, tape, appelle: son fils répond que le Papa,il est à la marina. Très bien ,direction la Marina. Le manager est absent. Et le garde, nouveau, ne le connaissant  pas et faisant bien son boulot, refuse de le laisser entrer pour aller voir si Enrique est sur le yacht dont il a la garde. Ah…ah… ce garde ne sait pas à qui il a affaire… Mugissant à plein poumons, moulinant des bras et tapant des sabots, Luké rugit (ben oui, c’est un croisement de taureau et de tigre, ne l’oublions pas) à tel point que les militaires se pointent à l’entrée. Miracle, et bénissons son sens de l’hospitalité, il y a le jeune militaire auquel il apportait un petit café bien chaud le matin! Qui le reconnait et le fait entrer. Luké explique le pourquoi de cette apparition sauvage d’un Français en furie. Les militaires vont chercher Enrique qui est sur le yacht, suivi du propriétaire du yacht, son patron donc, présent ce dimanche. Et très intéressé par cette histoire. Luké lui tend la feuille où il a tout consigné, expliqué, noté. Le patron d’Enrique fronce les sourcils. Visiblement, ça ne lui plait pas que son capitaine cherche à gruger quelqu’un. Les appareils devaient être amenés à Cartagena? demande-t-il. Et oui. Et ils sont toujours ici? Et oui… Enrique cherche à biaiser et après s’être approché avec de grands “Ola, amigo!”, refoulés d’un geste auguste et rageur par son ex-amigo, il avale et insiste pour emmener le Français Vociférant chez lui. Que nenni. Tout doit se passer avec témoins! Cerise sur le chargeur, le “délégué manager” (sous-directeur?) de la Marina arrive. Et à droit à un exemplaire du dossier à charge, lui aussi. Quand je disais que ça allait être la fête à Enrique…. Finalement, Enrique va chercher tous les appareils et l’argent à rendre. Il a la mine longue et l’oreille basse. Mais ça lui apprendra à chercher à rouler un Français, de Millau qui plus est. Son patron ajoute qu’il va le surveiller dorénavant, après tout, si il a essayé avec Luké… Bref, une histoire qui se termine honteusement pour ce couillon d’Enrique –auquel une partie du prix du bus a été facturée- et bien pour nous. Luké arrive au cata épuisé mais content. Soirée sur Belle de Lune avec Mojito pour raconter “Du rififi à Santa Marta”!

Je prépare les fameux “Tamales” (un Tamal, des Tamales!), spécialité colombienne de Noël : une farce de poulet, oeuf, maïs, pommes de terres épicée au curry et  curcuma, cuite à la vapeur dans une feuille de bananier, le tout en forme de petit sac carré ou de bourse. Au Venezuela, on les appelle des “Ajacas” ou “Allacas”, je ne sais plus. Les Indiens en auraient offert aux Espagnols en signe de bienvenue, à leur arrivée sur le continent. Si ils avaient su, ils les auraient arrosés de curare…On les sert avec une sauce, pour nous ce sera tomate épicées plutôt hot!

Les Tamales que j’ai acheté sont en forme de bourse, il suffit de les réchauffer à la vapeur et de déguster. Pas mauvais du tout, un peu bourratif (bon, comme souvent….) mais goûteux. Ah, une précision: la feuille de bananier, elle ne se mange pas!

DSCF5470 DSCF5473 DSCF5475 Et ça tient au corps, l’engin!

Côté “expériences culinaires un jour, kamikase de la bouffe toujours!”, après les Tamales, nous (je dis nous mais Luké est plus dans le rôle du cobaye que du décideur souvent…),donc “j’ai” acheté une brioche farcie de compote de goyave, un véritable délice. Et le yaourt local, arome fraise pour Luké (enfin, rose quoi) et nature pour moi, qui se vend dans des poches en plastique . Comme beaucoup de produits frais genre crème, lait etc. Bien sûr, il y a aussi des yaourts importés des US et du lait de Nouvelle Zélande, mais l’intérêt c’est de goûter ce qu’on en connait pas, et de manger comme les gens du pays, n’est-ce pas? Pour le yaourt, Luké n’est pas emballé emballé, verdict: “ça se mange”.

DSCF5489 Le pain local, à droite sur la photo, appelé “campesino” –campagnard, mais rien à voir avec notre idée du pain de campagne-  brioché et légèrement sucré, est bien meilleur que les soi-disant “baguettes Françaises” qui ont été inventées sur le modèle du Canada Dry: ça a la forme de la baguette, ça a la couleur de la baguette, mais c’est du caoutchouc. 

Par contre pour les mangues, ovation générale. Moi qui n’était pas très forte dans la mangue, là, chapeau!

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C’est au court de ces dernières courses à CARUFFA, le petit supermarché du quartier (un mini-Carrouf?) que se jouera le drame! Charly a déposé son porte-feuille dans la sac cabas de Clara, à large ouverture, et un indélicat y a glissé la main. Main qui est ressortie avec le porte-feuille, les dollars et la Carte Bancaire. Nous continuerons donc le voyage avec une carte bancaire –celle de Luké!- pour les deux bateaux. Charly est dans tous ses états, car il ne pourra pas se faire envoyer d’autre carte avant le Panama…

Le 28 décembre au matin, nous quittons Cartagena. Avec un petit pincement au cœur… Nous allons vers l’Archipel de Rosario, devant Isla Grande où nous pourrons nous baigner, ce qui nous manque depuis un moment !

 

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1 commentaire:

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